Bien déguster un spiritueux : par où commencer
De même qu’un bon cuisinier doit goûter ses ingrédients, un amateur d’alcools ou de cocktails ne peut pas progresser s’il ne boit pas les alcools secs.
Les distillateurs fabriquent des produits censés être bons quand ils sont bus ainsi.
La dégustation d’alcool sec est une expérience à part. Au départ, on est souvent un peu perdu face à la complexité de ces nectars.
Une fois l’habitude prise de goûter vos alcools secs, quelques principes simples font toute la différence.
Au début, le plus difficile est d’identifier les saveurs spécifiques.
Notre cerveau nous signale souvent quelque chose de précis, mais il est difficile de mettre un nom sur ce que l’on ressent.
C’est un peu comme rencontrer quelqu’un que l’on connaît sans se souvenir exactement de qui il s’agit.
Petit à petit, vous apprendrez à déceler le bois, l’alcool, la saveur de tel ou tel fruit, des épices ou même parfois des lieux.

Voici nos conseils pour démarrer, étape par étape.
Trouver le bon endroit
C’est le paramètre le plus souvent négligé de toute dégustation qui se respecte.
Il faut de la place pour disposer les bouteilles, les distinguer, poser ses verres et rester confortable.
Tenez compte des odeurs de la pièce.
Il suffit que du linge sèche non loin de vos verres pour que vous perceviez des notes florales étrangement marquées dans votre alcool.
Une table dégagée, une lumière correcte et une pièce neutre suffisent largement.
Choisir les bouteilles à goûter
N’essayez pas de tester trop de bouteilles à la fois : quatre ou cinq, pas plus.
Votre nez et votre palais s’émoussent vite sous l’effet des différents alcools.
Le mieux est de se concentrer sur un type d’alcool ou sur un ingrédient commun.
Comparer trois whiskies d’une même région apprend plus que goûter cinq alcools sans rapport entre eux.
Le choix du verre
La forme des verres joue un rôle très important sur les odeurs, et souvent sur le goût.
Sortez des verres de formes différentes et versez le même alcool dans chacun pour détecter les nuances.
L’écart surprend souvent dès le premier nez.
Le bon verre pour chaque alcool
Un verre en forme de tulipe, resserré vers le haut, concentre les arômes vers le nez.
Un verre large et ouvert les disperse davantage, ce qui convient aux alcools très puissants.
Le tumbler, lui, sert surtout au service sur glace et ne met pas le nez en valeur.

Boire dans le bon ordre
Buvez d’abord les alcools les plus légers et les plus secs, avant de goûter les plus sucrés et les plus alcoolisés.
Votre perception sera bien meilleure.
Servez à température ambiante : le froid referme le nez et masque une partie des saveurs.
Inutile de le préciser, mais buvez de l’eau entre chaque verre pour nettoyer le palais.
Prendre le temps de sentir : l’odorat d’abord
Pour un spiritueux, il n’est pas nécessaire de plonger le nez dans le verre comme pour le vin.
Les alcools les plus forts peuvent surprendre et même vous brûler si vous faites cela.
Il n’est pas non plus utile de faire tourner le verre.
Inclinez-le à 45° et rapprochez-le lentement pour trouver l’angle à partir duquel vous commencez à percevoir des arômes.
Tournez ensuite lentement le verre pour voir comment ils évoluent.
L’odorat fait l’essentiel du travail : c’est lui qui porte la plus grande partie de ce que l’on appelle le goût.
Siroter, et ajouter un peu d’eau
Buvez d’abord une goutte et laissez-la napper votre langue, puis une deuxième.
Relevez alors les saveurs, la texture, la force et le sucré.
Après avoir avalé, inspirez par le nez et expirez par la bouche pour percevoir ce que l’alcool aurait pu cacher.
N’hésitez pas à diluer avec un peu d’eau si vous en éprouvez le besoin.
Les tests à chaud, en degré alcoolique comme en température, se révèlent parfois éprouvants.
Quelques gouttes suffisent pour qu’un alcool livre tous ses arômes.
Retenir les arômes d’une dégustation à l’autre
Notez ce que vous percevez, même maladroitement : c’est la meilleure façon de les mémoriser.
Relisez vos notes avant la dégustation suivante.
En quelques séances, le vocabulaire vient tout seul et les arômes se nomment plus facilement.
Retrouvez nos whiskies, nos rhums et nos gins pour composer votre prochaine série.
Questions fréquentes
Faut-il ajouter de l’eau dans un spiritueux ?
Quelques gouttes suffisent à ouvrir un alcool très fort. C’est une question de confort, pas une faute de goût.
Combien de bouteilles goûter en une fois ?
Quatre ou cinq au maximum. Au-delà, le palais ne distingue plus grand-chose.
Quel verre utiliser pour un whisky ?
Un verre resserré vers le haut, type tulipe, qui rassemble les arômes vers le nez.











